Le HibOO

Sziget 2006, Day 7/7 - 15 août

Sziget Festival 2006

Le rideau se baisse sur l’édition 2006 du plus grand festival d’Europe, le Sziget Festival. Avant de tirer les premiers bilans, il fallait vivre cette dernière journée, sans doute la plus homogène dans la qualité de la programmation. Du pétage de plomb de The Prodigy à l’éternelle jeunesse d’Iggy Pop en passant par la bombe atomique lâchée par Gogol Bordello, retour sur un bouquet final totalement réussi.

La dernière journée offre habituellement son lot de sentiments mitigés. D’une part, on voudrait que cette fête dure toujours, d’autre part la fatigue vous tombe sur les épaules, le dos, les jambes et les pieds. Un détour par les bains de Budapest s’avère un passage obligé , au moins une ou deux fois dans la semaine, histoire de se ressourcer.

Pour en revenir à ce feu d’artifice final, tellement coloré, il fallait d’abord commencer doucettement la journée. Pourquoi pas en interviewant Simon, le très sympathique chanteur de Debout sur le Zinc. Très humble, il s’excuse de déranger les festivaliers qui se reposent près du Danube, cadre idéal pour notre entrevue, l’échange sera d’ailleurs filmé pour les besoins d’un documentaire mené par Mathieu Lemaire, déjà auteur de quelques belles images sur l’île par le passé.

Nous passons un agréable moment, mais il est temps de retrouver le premier concert de la journée, Living Color qui se produit sur la Main Stage. Un rock punchy à la mode hip hop, un mélange intéressant mais autant annoncer la couleur tout de suite, le spectacle de cette scène débutera un peu plus tard. On passe vite sur la prestation anecdotique de Palya Bea sur la scène world pour le premier des grands événements de la soirée : La performance d’ Iggy and the Stooges, étrangement programmé à 18h00. Un show incroyable de l’Iguane, cet artiste a trouvé une source de jouvence, c’est sûr ! Des morceaux du dernier album des Stooges, bien sûr, mais aussi les plus grands classiques d’Iggy, le point d’orgue viendra lorsqu’une douzaine de personnes échappèrent à la vigilance des hommes de la sécurité pour rejoindre le groupe sur scène. Plutôt qu’un affrontement, on assiste à quelque chose d’incroyable puisqu’ Iggy Pop décide de s’amuser et de danser avec ses fans en transe. Un grand moment de rock’n roll !

C’est au tour de Debout sur le Zinc de se produire sur la Wan2, pour un set dont ils ont le secret. La douceur et l’énergie, voilà ce qui habite le groupe de la région parisienne. Ils jouent bien sûr, devant un public essentiellement français, ‘Les promesses’, le dernier album de DSLZ passe bien auprès du public, un vrai concert festif comme les aime le public de Sziget.

Au même moment, le très bon groupe hongrois Anima Sound System ouvrait pour l’une des plus belles têtes d’affiche de la semaine, j’ai nommé The Prodigy. Le groupe fête cette année les dix ans d’un album qui a marqué l’histoire de la techno, de l’electro et même du rock : ‘The fat of the Land’, c’est d’ailleurs les titres phares de cet album qui feront chavirer le nombreux public dans une démence sans nom. Keith Flint (le chauve épileptique) et sa bande balancent ‘Breathe’ des le deuxième morceau, puis les inévitables ‘Smack my bitch up’ ou encore ‘Firestarter’ qui provoqueront des mouvements de foule aussi impressionnant que spectaculaires. Un rappel de feu, avec notamment leur remix de ‘Out of Space’. Un concert exceptionnel, sûrement le meilleur de la semaine avec celui de Radiohead. On reprochera seulement à Prodigy de nous bousiller les oreilles avec des basses beaucoup trop importantes, il paraît que le groupe a fait venir un semi remorque tout spécialement pour cette spécificité technique…

La soirée se finit en beauté, avec le meilleur concert « underground » de la semaine. Si Mouss et Hakim avaient mis le feu à la Wan2 un peu plus tôt dans la semaine, que dire de la prestation de Gogol Bordello ! Une grosse claque à vous faire tourner la tête plusieurs fois sur elle-même. Un punk tzigane, truffé de merveilles, qu’elles soient faites de violon ou d’accordéon. Eugene Hutz, le chanteur, est fou, complètement imprévisible et mène la barque Gogol Bordello sur des rives rarement explorées jusque là. Le public ne s’y trompe pas et répond largement présent, la salle est archi-pleine certain regardent même le concert depuis l’extérieur. Il y a là, au bas mot, entre 4.000 et 5.000 personnes. Gogol Bordello, c’est un peu le jeu de scène de Dionysos et des Wampas réunis pour vous donner une idée, dire qu’ils passent à Nantes prochainement…

Les sonos s’éteindront une à une dans la nuit, certaines scènes seront déjà démontées au petit matin. Mirage ou réalité, ce Sziget restera comme le plus beau de son histoire. Retour à la normale, les tentes disparaissent pour laisser place à des tonnes et des tonnes de déchet, preuve que la fête a bien eu lieu.

www.szigetfestival.com

Laisser un commentaire

Pour afficher un avatar / votre photo avec votre commentaire, inscrivez-vous sur www.gravatar.com

* = champ obligatoire