Le HibOO

Marie-Antoinette

Au sortir de l’adolescence, une jeune fille découvre un monde hostile et codifié, un univers frivole où chacun observe et juge l’autre sans aménité. Mariée à un homme maladroit qui la délaisse, elle est rapidement lassée par les devoirs de représentation qu’on lui impose. Elle s’évade dans l’ivresse de la fête et les plaisirs des sens pour réinventer un monde à elle. Y a-t-il un prix à payer à chercher le bonheur que certains vous refusent ?

L’histoire de France revisitée par la géniale Sofia Coppola, jouée par l’envoûtante Kirsten Dunst. Marie-Antoinette n’est pas un film historique, s’apparente plus à un portrait décalé de la dernière des reines de France. Sofia Coppola, la cinéaste qui filmait les femmes au pinceau, nous en met plein la vue.

On les avait découvertes en même temps avec ‘Virgin Suicides’, Sofia Coppola pour son premier film derrière la caméra et Kirsten Dunst pour son premier grand rôle. Le résultat : Un chef d’œuvre d’esthétisme. Sept ans plus tard, la réalisatrice n’a rien perdu de sa faculté à filmer le beau. L’actrice est devenue, depuis, une tête incontournable du cinéma mondial. Merveilleuse en Marie-Antoinette, tantôt malheureuse, tantôt festive, elle impressionne toujours par ce regard à vous couper toute envie de rester célibataire. Le reste du casting est assez impressionnant, de par la quantité des acteurs et figurants bien sûr, mais aussi par la justesse des choix de personnage. Le jeune Jason Schwartzman, convaincant en Louis XVI maladroit et peu attentionné. Clin d’œil également à Marianne Faithfull qui campe ici le rôle de la mère autrichienne de Marie-Antoinette

Sofia Coppola a compris depuis longtemps qu’un bon film était d’abord un beau film. Les images toutes simples d’un levé de soleil sur un lac de Versailles ou encore de Kirsten Dunst dévoilant sa silhouette sont des chefs d’œuvre à elles seules. Comme d’habitude avec la cinéaste, le film se veut décalé, c’est ainsi que l’on retrouve une paire de Converses aux côtés des chaussons de la reine, ou encore un bal royal résolument rock ! La bande originale est parfaite (The Strokes ou New Order pour ne citer qu’eux), un son peu approprié qui donne une pêche incroyable aux scènes festives du film. Même les français de Phoenix font une apparition à peine masquée, il faut dire que leur leader n’est autre que le petit ami de Sofia

Marie-Antoinette se veut léger, ne va pas jusqu’aux heures les plus pénibles de l’Histoire, on assiste plus à un portrait brossé d’un personnage, on découvre aussi le côté indigne de la cour, avec toutes ces fêtes, ces orgies et ces histoires de fesses. Peu ou pas de points négatifs sur ce film, même s’il est à placer un poil en dessous de ‘Virgin suicides’ et ‘Lost in translation’. On regrettera peut être un rythme assez lent, mais il est adapté pour montrer l’ennui qui habite la reine. Du beau cinéma à voir sans hésiter.

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