Les Primeurs de Massy 3/4

15h de concert en 3 jours. Et il reste encore une soirée. La fatigue se fait ressentir, mais il faut l’avouer, la 3e session des Primeurs de Massy fut de loin la meilleure dans son ensemble. Entre les Hushpuppies et son public survolté, Desert Rebel aux couleurs World Music, la voix très Tom Waitienne de Mathis and the Mathematiks, ou les explosifs Rhesus, il y en avait pour tous les goûts. Et parmi eux, Ze Ultimate Extraterrestre : Boogers, véritable homme orchestre, musicien génial à la maitrise scénique absolue, et à l’humour dévastateur. Encore !
- Photos : 93
- Date : 03.11.06
- Photographe : Rod
- Web : www.primeurs-massy.com
Au bout de trois jours, on commence à repérer ceux qui ont pris le pass pour assister à toutes les soirées (à savoir 40 euros pour … 20 groupes !), mais aussi un type de public spécifique à chacune d’elle. Ce soir c’est rock : on retrouve donc inéluctablement des groupies propres au style musical, de jeunes ados et leurs premières montées de testostérone qui, à défaut de pouvoir exprimer cette libido naissante auprès du sexe opposé, va se matérialiser en une certaine forme de violence lors du set de Hushpuppies. C’est rigolo, quels que soient les groupes, et les époques, le public est finalement toujours composé d’une même entité : jeune, fougueuse, parfois enragée.
Desert Rebel (web)

Des Touaregs avec une guitare électrique, on pourrait imaginer au premier abord que cela dénote. Que nenni. Desert Rebel pourrait être qualifié de projet humanitaire d’utilité publique. En effet, ces musiciens, dont la tournée est auto-financée, proposent la prévente de leur album, dont les recettes serviront en priorité à financer du matériel et des instruments pour les écoles de Musique d’Agadez et d’Arlit. Desert Rebel veut lancer le débat de la culture équitable avec la rencontre des cultures du Sud et celles du Nord. Et le cocktail est très intéressant : un mélange de rock, blues, parfois country, aux accents et aux tessitures orientales, cela donne tout de suite envie au public de bouger le bassin et de taper dans les mains. La soirée s’annonce bien.
Mathis and the Mathematiks

Pour photographier Mathis, il n’y pas 2 solutions : soit prendre une chaise et se positionner juste à côté de lui, soit usiter de techniques ancestrales léguées par les Ninjas. En effet, le chanteur guitariste est assis, et son visage est plus ou moins caché par deux micros. L’oeil laisse place aux oreilles, et c’est une grosse claque. Un blues/folk majestueux, servi par une voix ample, puissante, qui n’est pas sans rappeler Tom Waits, un humour décoiffant, et une capacité inouie à méduser le public (quand un artiste demande à ce dernier de se mettre en tailleur, de chanter une ritournelle, et que ce dernier passe à travers ce dit public pour interpréter la suite de sa chanson qui se transforme de blues en gospel, croyez-moi, ça donne des frissons et des sourires), Mathis and the Mathematiks est (une fois de plus, et cela fait répétitif, j’en suis désolé) une excellente surprise. Hâte de voir Mathis (mais cette fois-ci avec ses Mathematiks) au Festival Chorus.
Hushpuppies (web)

Il ne faut pas se leurrer : une très large partie du public était venue pour Hushpuppies. Et peut-on les blâmer lorsque l’on voit la qualité du set du combo ? Ces derniers gesticulent comme des marionnettes, sautent sur scène dès que l’occasion s’en présentent … Hushpuppies ressemble à Hollywood Porn Stars, la french touch en plus. Le public sera à l’apogée de son excitation, avec ses traditionnels - et stupides - pogos, slams … une vraie rock n’ roll attitude !
Boogers (web)

Dans la série extraterrestre, j’avais adoré le jour précédent Troy von Balthazar, mais que dire de la prestation hors norme de Boogers ? Véritable génie musical, à la maitrise absolue (le monsieur est le batteur de Rubin Steiner, mais aussi guitariste, clavier, et chanteur, sans oublier ses performances de DJ), ce touche-à -tout passe sans faute note de l’electro au rock, du reggae au hip-hop, se moquant des styles, des codes établis, sans oublier sa performance scénique, bien plus proche d’un one man show que celle d’un musicien. Si le public fut au premier abord dérouté par le personnage (il commence très fort en disant “moi c’est pas comme l’autre groupe, ça ressemble pas aux Beatles”), Boogers a ensuite sublimé ce dernier grâce à sa virtuosité. Au delà d’une excellente surprise, Boogers est sans conteste mon coup de coeur de tous les groupes déjà (re)vus lors de ce festival.
Rhesus (web)

Retour au rock avec Rhesus. Beaucoup moins de monde que Hushpuppies, mais l’ambiance électrique est toujours présente. Le trio se donne à fond, notamment le chanteur, véritable pile survoltée complètement envahi par sa musique. Les musiques sont simples, très efficaces, et les derniers rebelles présents dans la salle n’hésitent pas à laisser transparaitre leurs dernières forces dans des pogos assez virulents.
Le festival touche à sa fin ce soir, avec Lola Lafon & Leva, Simon Nwambeben, Beat Assaillant, David Walters ou encore Gabriel Rios. Hormis Beat Assaillant, je ne connais aucun des groupes … hâte d’écouter tout cela
Les Photos du Festival (Desert Rebel, Boogers, Hushpuppies, Mathis and the Mathematiks, Rhesus)





















































































