Duelist

Dans la Corée du XVIIe siècle, seules quelques femmes ont le droit d’enquêter sur des affaires épineuses. Namsoon, l’une d’entre elles, a pour mission d’arrêter Sad Eyes, un voleur énigmatique plein de charme et virtuose de l’épée.
A trop vouloir en faire, Lee Myung-Se finit par lasser le spectateur. Film relativement clippesque, survitaminé d’effets visuels aussi inédits que vomitifs, Duelist est l’exemple type du film où la forme prend trop le dessus sur le fond. Reste heureusement ces 2 beautés venues d’une autre planète : la mutine Ha Jiwon et surtout le superbe ténébreux Gang Dongwon.
Comme à l’acoutumée, le cinéma coréen rime avec qualité visuelle incroyable. Bien au delà des plus beaux films hollywoodiens, avec des jeux de lumière, de cadrage et des mises en scène superbes. Mais l’on sent au bout d’une dizaine de minutes que Duelist n’est qu’un prétexte pour le réalisateur de déballer tout son savoir faire technique et inventif. Un cinéma si original ne peut laisser indifférent. Mais on a l’impression de ne pas voir une histoire, mais un patchwork technique de tout ce qui est possible de faire. Et cela nuit gravement à l’intrigue du film, bien que simpliste à souhait, et assez répandue dans le cinéma asiatique (une histoire d’amour impossible entre une jeune fille rebelle et un ténébreux méchant au coeur pur, donnant lieu à des combats divins).
Jonglant entre humour, dérision, combats sidérants (les chorégraphies finales valent à elles seules le coup de s’ennuyer pendant 1h40), Duelist est l’exemple type de film indigeste, pourtant truffé d’idées géniales. Dommage.