Jeremy Warmsley - The Art of Fiction

“I write songs in my head and then make them come out of a computer“. Tels sont les mots d’introduction du travail de Jeremy Warmsley visibles sur son MySpace. Et quand on Ă©coute cette bouffĂ©e d’oxygène venant une fois de plus d’Angleterre, on ne peut qu’acquiesser ses propos quant Ă sa manière d’apprĂ©hender la musique. On sent que le personnage a beaucoup mangĂ© de pop, de bandes originales de films et de jeux vidĂ©os (envolĂ©es musicales, thèmes identifiables), et que tout ce milk shake s’est matĂ©rialisĂ© dans 11 titres allant du conventionnel et tubesque (5 verses, I believe in the way you move) au parfois très Ă©trange (A matter of Principle, Hush).
Le personnage maĂ®trise son univers unique de A jusqu’Ă Z (”Sometimes I play all the instruments myself, sometimes I get other people to play some instruments, sometimes the instruments don’t exist.“). Il n’y a certes rien de rĂ©volutionnaire (bien que n’importe quel nouveau groupe anglais arrive toujours Ă surprendre : leurs secrets sont connus de tous, mais ça fonctionne Ă chaque fois) ; mais il difficile de mettre en avant une chanson plutĂ´t qu’une autre, car Jeremy Warmsley a optĂ© d’emblĂ©e pour la qualitĂ©, et pour une première mouture, il est effrayant de voir une telle maturitĂ©, aussi bien dans la variĂ©tĂ© des morceaux que dans la qualitĂ© de production. Chaque chanson est un vĂ©ritable rĂ©gal qui dĂ©connecte de la rĂ©alitĂ© (notamment ce magnifique “I knew that her face was a lie”, tout simplement extraordinaire de simplicitĂ©, de sobriĂ©tĂ©, mais très bien Ă©crit, qui est sans doute la chanson la plus “anglaise” de l’album, et qui laisse dĂ©couvrir parallèlement une voix vraiment transportante et sublime).
Si la pop anglaise n’a jamais Ă©tĂ© mise autant en avant, c’est sans doute que la qualitĂ© des artistes ne cesse d’aller crescendo. Jeremy Warmsley est Ă la fois une règle dans ce domaine, mais aussi une exception : il y apporte une touche personnelle, empreinte Ă la fois de crĂ©ativitĂ© et de sensibilitĂ©, tout en laissant Ă©chapper, quand il le dĂ©sire, quelques Ă©lans de folie ; comme s’il voulait montrer qu’il n’appartient Ă aucune catĂ©gorie musicale, tout en abusant intelligemment des codes des genres. On regretterait presque que la jaquette du CD ne soit pas aussi libĂ©rĂ©e que la musique de ce prodige Ă surveiller. La sortie de l’album est prĂ©vue pour le 10 avril. Inutile de vous dire que vous devez foncer sur la galette de cet extraterrestre. Et grâce Ă MySpace, vous pourrez Ă©couter 4 des chansons de “The Art of Fiction”.
Tracklist
- Dirty Blue Jeans
- I promise
- I knew that her face was a lie
- 5 verses
- The young man sees the city as a chessboard
- I believe in the way you move
- Jonathan and the Oak Tree
- Modern Children
- A matter of principle
- If I had only
- Hush
En écoute
08. Modern Children | 5″54
Et pour le dĂ©couvrir sur scène RDV Ă