Le HibOO

Astérix aux Jeux Olympiques

Astérix aux Jeux Olympiques, un film de Frédéric Forestier et Thomas Langmann | Pathé Distribution

Pour remporter les Jeux Olympiques et permettre au jeune Alafolix d’épouser la Princesse Irina, Astérix et Obélix devront affronter le machiavélique Brutus, fils de César, au cours d’une Olympiade.

Un budget du Seigneur des Anneaux quand même

Avec le dollar à la baisse, comparons ce qui est comparable : le dernier volet d’Asterix (80 millions d’euros) pèse financièrement parlant aussi lourd que le Retour du Roi de Peter Jackson (94 millions de dollars). L’analogie s’arrête (mal)heureusement ici. Et soyons clair : on pensait avoir atteint les bas fonds de la “sous” comédie à la française avec des Jet Set 2 : People, Le Camping, Les Bronzés 3 ou encore l’Américain (car il existe bien 2 types de comédies : celle qui ne rencontre qu’un succès certain, à l’instar de “Ma vie en l’air”, “2 Days in Paris”, “Les Poupées Russes”, et les bouses ultra grand public taillées pour la “masse”, “Taxi” étant son allégorie). C’etait sans compter sur ce chef d’oeuvre de vide intersidéral. On s’ennuie ferme, on ne rit jamais, on sourit une fois ou deux, parce qu’à un certain âge, certains clins d’oeil vous interpellent (cf Delon et le Guépard), ce qui sous-entend que cette production au budget hollywoodien, vendu comme un film pour enfants, est finalement un amas de contradictions : gags trop puérils pour les adultes, et clins d’oeil incompréhensibles pour les bambins : la potion magique ne prend pas. Le sentiment d’insipidité cosmique est unanime, et on a franchement envie de quitter la salle en pleine “aventure” (que certains feront au moment de la séance où j’ai visionné le “film”). Comment peut-on dépenser une telle somme pour un scénario inexistant, un montage paresseux et des “gags” qui permettent aux blagues Carambar et ses histoires de Toto d’être considérées comme des joyaux d’humour ?

Des stars à la pelle, une galaxie comique bien vide

Astérix aux Jeux Olympiques, un film de Frédéric Forestier et Thomas Langmann | Pathé Distribution

Delon alzheimerisé, Poelvoorde qui enchaîne les mauvais films avec une forte tendance à surjouer (jusqu’à s’accaparer la totalité de l’écran, jusqu’à l’exaspération), Dubosc qui ne sortira plus jamais de son personnage de Romantique … sans oublier cette fin ultra poussive - et totalement inutile - où l’on fait défiler la “crème” des people (Zidane, Mauresmo et Parker en tête) … tout le monde y passe. Et dans ce cosmos de stars, seule la petite étoile répondant au patronyme de Clovis Cornillac tire son épingle du jeu. Remplaçant Clavier qui avait bien évidemment Jacquouillisé le petit gaulois, Môssieur Cornillac s’accapare le rôle jusqu’à reprendre certaines postures de la BD : bien sûr, film oblige, cela sonne particulièrement faux, mais le rendu n’est pas inintéressant : on ne peut pas tout avoir. Depardieu siège comme à son habitude à la perfection Obelix … l’ultime étoile scintillante, qui se révélera l’intêret principal - mais surtout unique - du film, sera la lumineuse et médusante Vanessa Hessler, plus connue sous le nom d’Alice, la parfaite créature égérie d’un fournisseur d’accès Internet. Toute cette bouillie rappelle fortement Iznogoud avec Michaël Youn, mais en pire. Je sais ce que vous pensez : comment est-ce possible.

Un humour Chabat sans … Chabat

Bizarrement, on a reproché au deuxième volet réalisé par Chabat un humour trop “Canal +” (or, lorsque l’on regarde le dessin animé, on s’aperçoit que Chabat a accompli un véritable travail d’orfèvre en ne dénaturant pas l’esprit de la bande dessinée, tout en proposant un humour vraiment décalé, couplé à un casting judicieux). Ici Langmann et ses acolytes ont voulu reprendre quelques recettes - chansons contemporaines, par exemple ou encore un José Garcia avec ses facéties de sa grande époque avec Decaunes - mais sans la patte made in Chabat. Résultat : tous les gags semblent soit inachevés, soit tombent à plat. Rien ne fonctionne : avoir de l’argent c’est bien. Mais avoir de l’humour quand on veut faire un film comique qui s’avère à aucun moment drôle, c’est mieux.

Magnifiques photos vs Synthèse PlayStation

La réalisation globale est également très particulière, car inégale : autant le travail des couleurs est somptueux (cf le monologue de Delon, véritable bijou photographique, mais les exemples sont légions), certains plans photos vraiment inspirés (la ballade d’Asterix et Obelix dans la fôret), autant ces derniers sont gâchés par les décors de synthèse qui permettent de se rappeler les premières introductions de la Saturn ou de la Playstation. L’écart de qualité est tel que s’installe, au fur et à mesure, un sentiment de frustration : oui le dernier Astérix est vraiment beau, mais gâché par des effets inutiles (le ponpon revenant à tout le passage des Arènes, véritable festival de synthèse passablement manqué).

Ni pour les petits, ni pour les grands, ni pour personne

Astérix aux Jeux Olympiques, un film de Frédéric Forestier et Thomas Langmann | Pathé Distribution

Au final, ces 80 millions d’euros auraient pu financerune kyrielle de projets qui ne verront jamais le jour, car le cinéma français de qualité existe (si si). On regrettera que feu Jean-Pierre Cassel, à l’instar d’un Jacques Villeret à l’époque d’Iznogoud, se voit entâché sa filmographie avec un tel navet. On regrettera également que certaines idées pas si mauvaises aient été mal exploitées. Si vous voulez vraiment faire plaisir à vos enfants, offrez leur les DVD des dessins animés, bien plus subtils et drôles. Et si vous avez la malheureuse idée d’emmener votre petit(e) ami(e), sachez que cela pourrait être une excuse valable de sa part pour rompre avec vous. En ces temps de peopolisation, il est peut-être temps de farfouiller et de retrouver l’envie de découvrir des acteurs peu ou prou connus, mais dont le talent est perceptible dès les premières secondes.

Thomas Langmann - qui s’avère également être un excellent joueur de poker - a voulu bluffer. Vendre une comédie où l’on ne rit pas une seule fois, ça serait comme ne jamais pleurer ou ressentir une sensation de tristesse avec un film dramatique. Quinte Flush Royale pour le public vs paire de 3 pour le réalisteur producteur … game is over !

Un commentaire

  1. j’étais sceptique à cause de tout le bruit autour … tu m’as fait économiser 8E, merci ^^

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