Le HibOO

Thomas Février (+ Palm Springs et sans Andy Scisco) au Nouveau Casino

Nouveau Casino, Paris - Photos, Concerts : Thomas Février - 18 mars 2008

J’avais découvert Thomas Février en mai dernier alors qu’on m’avait conseillé un autre groupe qui partageait l’affiche (Anabase). J’avais été sublimé par les chansons exquises et la voix exceptionnelle de ce compositeur qui avait franchement bluffé l’auditoire du Zèbre de Belleville. Il y a quelques semaines, ce dernier m’envoya un message pour m’inviter à son concert du 18 mars au Nouveau Casino. Et il aurait fallu être un lémurien cérébrolésé sous traxene pour décliner l’offre. Après tout, The Kills et Gossip à l’Olympia, c’était surfait (en fait le hibOO n’a pas choppé d’accréditation, mais on se voile la face comme on peut)

La vedette de la soirée est Andy Sisco, un chanteur exceptionnel que j’avais pu découvrir à Rouen (de mémoire, peut-être en tant que première partie d’Eddy Mitchell). Et parce que le début de soirée va se retrouver décalé, faute d’autochtones insuffisants, je devrai me faire une raison : si je veux rentrer “tôt”, je vais devoir squizzer la star. Durant le remplissage laborieux du Nouveau Casino (mais qui sera malgré tout relativement rempli au fil de la soirée), Thomas Février, seul au piano, enchaîne rythmiques blues, jazzy, mélancoliques, à l’instar d’un animateur piano bar que l’on peut voir à la Défense au pied de l’UGC Ciné Cité. 30 minutes plus tard, et après avoir longuement scotché sur une femme d’origine asiatique absolument divine (je ne suis qu’un HibOO sapiens), la première partie répondant au doux patronyme de Palm Springs, entre sur scène.

Palm Springs (web)

Palm Springs @ Nouveau Casino, Paris | 18.03.2008
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Invité par Thomas Février (le groupe l’avait convié à venir jouer en Angleterre), le quintet donne tout de suite le ton : point de headbanging, ni de rotation sexy de hanches. Les anglais délivrent plutôt un “folk indie” très norvégien, dans la pure tradition de Mùm, ou son jumeau (puisque constitué des mêmes membres), Seabear. La surprise est donc de taille, et les mélodies très planantes - pour ne pas dire aériennes - n’invitent pas à l’excitation (d’ailleurs le groupe, sur le plan scénique, est l’allégorie même du stoïcisme), le public sera donc séparé en 2 parties : les dubitatifs qui se demandent ce qu’ils écoutent, et les réceptifs qui apprécient la douceur musicale offerte. Des titres à l’instar de “Sofly to Fallen” ou encore “Echo of Me” permettent au plus réfractaires l’adhésion : l’ovation finale amplement méritée tend à penser que l’auditoire dans sa grande majorité a apprécié ce set quelque peu surprenant.

Thomas Février (web)

Thomas Février @ Nouveau Casino, Paris | 18.03.2008
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En relisant ma petite bafouille de la prestation de Thomas Février au Zèbre, je me rends compte à quel point j’ai mésestimé le personnage. Certes, j’avais été happé par son univers et ses mélodies somptueuses, mais je n’avais pas réalisé à quel point les dites mélodies étaient magnifiques, sans oublier cette putain de voix incroyable, avec une tessiture possédant une élasticité extraterrestre. Le show semble plus rock, ou plutôt devrais-je dire plus rentre-dedans que dans mes souvenirs, et indubitablement, ça me plait davantage. Une grande partie du public - invitée - est venue pour le prodige, et l’osmose est quasi immédiate. Pour être franc, je ne m’en remets toujours pas, et je ne vois pas comment, avec des mots simples, expliquer la virtuosité globale, la présence scénique captivante, l’évolution très “prog” de certaines chansons, les envolées vocales qui prennent aux tripes (”Dans mon lit”, la chanson qui tue tout) … non je ne vois pas. Il est de ces artistes où vous vous sentez directement connectés, où vous avez la forte impression que les notes ont été écrites pour votre âme, une sensation symbiotique qui se vit plus qu’elle ne peut être décrite. Se pose alors une question - en tout cas, je me la pose : pourquoi Thomas Février n’est-il pas connu ? Et pourquoi ce dernier n’est-il pas programmé dans des festivals parisiens ? Beau, charmant et charmeur, voix magnifique, charisme indéniable, des mélodies somptueuses, un band qui assure et transporte les compositions … un truc m’échappe sérieusement. L’auditoire présent en revanche ne s’y trompe pas : conquis du début jusqu’à la fin, jusqu’à demander un rappel que l’artiste ne peut refuser. Vous l’avez compris, je suis fan.

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