Furia Sound Festival 2007

Le Furia Sound Festival. Trois jours, trois scènes avec 46 concerts c’est le Nirvana pour les amoureux de musique. Bien sur il est difficle de voir tous les concerts tant ce festival est dense mais il y a de quoi s’en mettre plein les yeux et les oreilles. Le temps incertain et même pluvieux à 15h le 29 juin à mon arrivée est source d’inquiétude, allait-il gâcher le plaisir des festivaliers ? Et bien non, les rares pluies n’ont pas été suffisamment fortes pour refroidir les ardeurs de ce public jeune et chaleureux. Je suis fébrile à l’idée de faire des photos d’autant de concerts, pratiquement l’équivalent de 6 mois de travaille condensé sur 3 jours !
Vendredi 29 juin

En ce début de vendredi le public est encore clairsemé devant l’immense espace de la scène 1, et c’est vraiment dommage qu’il ne soit pas venu en masse pour voir une des très bonnes chanteuses française (et même plus, c’est un ovni) : Adrienne Pauly, à ne pas rater la prochaine fois ! Grand moment de ce festival avec Pleymo : autant pour leur musique que pour le show, difficile de ne pas aimer. Le public est au diapason de l’energie dépensée par le groupe et se déchaine rapidement.
Un vieux du hip-hop mais toujours aussi bon et incontournable sur la scène française, ses premiers “mots”, lancés depuis l’arrière de la scène sont immédiatement reconnaissables par tous et on sent un frémissement parcourir l’échine de chaque festivalier, Joey Starr est dans la place et c’est aussi un très bon moment de ce festival. Un “ancètre” de la chanson française, plus de 30 ans de carrière, avec des hauts et des bas mais toujours bien présent. Entre Joey Starr et Renaud c’est un peu le grand écart musicale mais rien n’empèche d’aimer les deux. En tout cas j’aime, même si lui n’aime pas les photographes, qu’il confond avec des journalistes puisqu’ils nous adresse la parole et nous gratifie d’un doigt “d’honneur”. Cela dit le camarade Renaud assure sur scène et le public a visiblement aimé aussi sa prestation. Archive débute son set avec presque une heure de retard, ce sera d’ailleurs le seul retard de cet ordre et je trouve que c’est un tour de force de l’organisation : gérer autant de concerts, réparties sur trois scènes, avec des concerts débutant à l’heure et sans problème technique notable, bravo ! Personnellement je n’ai pas été très touché par ce groupe mais c’est certainement par méconnaissance de leur musique. Passage trop rapide pour profiter de The Rakes, visuellement assez lisse mais au son post-punk excellent.
Samedi 30 juin

Parmi les moments forts de ce samedi, un show hors norme de Deltahead, duo batterie et contrebasse. Distribution d’encens, de confettis et de bonbons aux spectateurs, gros son, show et communication avec le public, un groupe attachant qui a compris (ce n’est manifestement pas le cas de tous) que son, visuel, communication et charisme forme un tout et que lorsque tous les ingrédients sont réunis on prend son pied. Autre groupe, dans un style musicale différent mais au show bluffant : Guitar Wolf. Ces japonnais sont complétement déjantés. Ils font monter un spectateur sur scène, lui donne une guitare et le fait participer au concert. Le leader lui explique qu’il n’a pas besoin de sa main droite (pour sonner rock) et lui apprend à sauter en rythme avec lui (voir photos) : grand moment de bonheur. Lorsque ce chanteur kamikaze essaie de monter sur une pile d’enceintes, absolument pas prévues pour cela car non attachées, que le régisseur essaie sans succès de lui interdire l’ascencion d’au moins 2m50 de haut et que je comprends qu’il va sauter, j’ai cru un moment qu’il allait se suicider en public ou au mieux se casser les deux jambes. Heureusement, tout fini bien et sans bobo. Ce groupe m’a tellement scotché, ainsi que mes autres camarades photographes, que je rate le début du concert de K’Naan sur la scène 1. D’origine somalienne sa musique est une fusion de musique traditionnelle, ragga et hip-hop : c’est très bon et je suis déçu de ne pas en avoir plus profité. Le bonheur et la difficulté d’un festival c’est que les concerts s’enchainent très vite et je me retrouve devant Oxmo Puccino, impresionné par sa carrure pour le moins imposante ! Voila une autre réussite absolue d’une fusion, dans un autre style : jazz et hip-hop. J’hésites un instant entre continuer d’écouter Oxmo Puccino ou courrir sur la scène 3 pour faire des photos de Naast. Lorsque j’arrive je sens le chanteur des Naast fébrile et très excité. La rumeur dit qu’ils auraient reçu un accueil assez froid par le public : jets d’objets divers sur la scène. Cela dit, ce moment de stress semble leur réussir et leur look au “petit foulard dans le cou” tranche avec l’énergie qu’ils dégagent. Je les quitte très vite pour retrouver avec grand plaisir un chanteur que j’aime beaucoup : Tété. Quand je pense au chemin parcouru, depuis la Haute-Marne de sa jeunesse en passant par les “galères” à chanter dans les bars de Nancy, sa réussite fait chaud au coeur : le talent et la détermination peut déplacer des montagnes. Le public est manifestement aussi enthousiaste que moi, en tout cas un de mes concerts préférés de ces trois jours. Grosse journée que ce deuxième jour car on enchaine avec TTC. Je vous invite à jetter un oeil sur les photos de la foule en délire qui en dit plus que tout ce que je pourrais vous raconter. Ils ont mis le feu et ce n’est pas un hasard, ils assurent ! Autant visuellement que musicalement, leur réinterprétation de tubes electroniques avec des textes plein d’humour est excellente. Un des “gros” groupe du Furia, The Roots, dont je n’ai que le souvenir d’une lumière à contre jour rendant pratiquement impossible toute photo. Difficile de profiter de la musique dans ces conditions mais l’ambiance dans le public montre qu’ils ne durent pas sur la scène hip-hop depuis si longtemps sans raison. Dernier moment fort du jour avec Tryo, un bon vieux groupe français. Comme le public je suis sous le charme, voila un groupe dont les textes et le charisme donne du plaisir à volonté. Leurs sourires sont communicatifs, leur musique embarque tout le monde, grosse ambiance dans le public, une vraie réussite.
Dimanche 1er juillet

Pour les chanceux présents le troisième jour, encore de très bons concerts en perspective. A commencer par Jamait, que je vois pour la troisième fois en concert. D’ailleurs il est surprenant de le retrouver en pleine journée, sous un beau soleil, car son univers colle mieux aux ambiances feutrées et sombres. Je retrouve également pour la troisième fois en concert un groupe que j’apprécie énormément sur scène : No One Is Innocent. Leur son est à mon avis plus intéressant sur scène que sur album et leur show est excellent, pour moi un des meilleurs de ce Furia 2007. En tout cas c’est le seul concert que j’ai vu où le chanteur, Kemar en l’occurence, fini porté par le public tout en continuant de chanter, toujours relié, miraculeusement à la scène par le fil de son micro. Textes engagés, musique, énergie et joie sur scène sont les ingrédients de leur réussite. Changement de style radicale avec Superbus, mené par la fille d’une ancienne des “Nuls”, Chantal Lauby qui m’a fait tant rire. La jeune fille n’a pas suivie les traces de sa mère et cela lui a réussi. Je retiens les poses particulièrement esthétiques et calculées qui permettent aux photograhes de faire de belles photos. On sent que son show est bien rodé et cela fonctionne dans le public mais Loïc Lantoine m’appelle sur l’autre scène. Voila un chanteur dont la notoriété n’est pas à la hauteur de son talent. Les gens autour de moi qui l’ont déjà vu en concert confirme mon impression : son coté déjanté et sa musique, acompagné entre autres, à la contrebasse par François Pierron est un vrai bonheur. Peter Von Poehl, dont je n’ai vu que quelques minutes pour cause de chevauchement de 3 concerts, délivre une pop planante assez magique : heureusement, je pourrais le revoir au “rock dans tous ses états” le 7 juillet. Je n’ai malheureusement pas profité des deux gros groupes de la soirée : Sonic Youth et Queens Of The Stone Age, car la limite des trois chansons pour les photographes est une épreuve qui permet difficilement d’apprécier la musique… Autre groupe mythique dans son genre et qui m’a fait une forte impression : Asian Dub Foundation. Vétérans de la scène Electro-Dub-Hip-hop-Drum’n'Bass-Ragga, fusion pour le moins difficile mais parfaitement réussie. Réussir à réunir un public venus d’univers aussi éclectiques force le respect. Visuellement parlant, le look de Ghetto Priest est subjugant : mélange de rappeur et de sorcier vaudou, limite effrayant. Le festival se termine sur le groupe reggae californien Groundation. La voix très particulière du chanteur, assez haut perchée est surprenante. Leur son est posé et calme, certains morceaux, plutôt dub, lents et comtemplatifs : je me demande si c’est le choix de ce style de musique pour la cloture du Furia est le meilleur. Le Furia restera pour moi un excellent souvenir : quel bonheur de voir autant d’excellents artistes réunis sur trois jours, de très bons souvenirs des festivaliers très sympas n’hésitant pas à rendre service, créant cette ambiance particulière que l’on ne retrouve pas tous les jours. Seul regret : la densité du Furia ne m’a pas permis de profiter de certains groupes.
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